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Burkina: l’homme d’affaires Inoussa Kanazoé inculpé pour délits économiques

Burkina: l’homme d’affaires Inoussa Kanazoé inculpé pour délits économiques

Le richissime homme d’affaires burkinabè Inoussa Kanazoé, magnat de la cimenterie et vice-président à la chambre de Commerce, a été inculpé notamment de “blanchiment de capitaux”, “fraude fiscale” et “abus de confiance, a annoncé vendredi la procureure du Faso près le tribunal de grande instance de Ouagadougou, Maïza Sérémé.

Au vu d’un “certain nombre d’éléments à charge”, M. Kanazoé est “inculpé” entre autres pour “faux et usage de faux en écriture de commerce”,  “tromperie du consommateur”, “fraude fiscale”, “abus de confiance aggravée” et “blanchiment de capitaux”, a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse.

A la tête de deux grandes sociétés, dont la Cimenterie du Faso (Cimfaso), première usine de ciments appartenant à un burkinabè, Inoussa Kanazoé a été mis aux arrêts le 19 avril, quelques jours après l’annonce de la construction de sa deuxième unité de production de ciment à Bobo Dioulasso, la deuxième ville du pays.

Cinq autres personnes, arrêtées en même temps que lui et inculpées des mêmes infractions, ont été écrouées lundi à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO).

Quant au principal accusé, il “s’est opposé pour l’instant à son défèrement”, mais un juge va “se déplacer ce jour même (…) pour lui signifier son inculpation”, a indiqué la procureure.

Victime d’un malaise lors de sa garde à vue au camp de la gendarmerie, M. Kanazoé a été admis dans une clinique où il séjournait toujours jusqu’à ce jour.

Il est notamment reproché aux accusés d’avoir “mis sur le marché du ciment avarié” ou “du ciment n’ayant pas été produit par la société mais reconditionné dans des sacs” de la société, a précisé Mme Sérémé.

Par ailleurs, “une comptabilité et un bilan financier inexacts ont été produits, toute chose qui permet aux auteurs des faits de minorer considérablement l’assiette imposable”, faisant perdre à l’Etat “plusieurs milliards de francs CFA” (plusieurs millions d’euros), a ajouté la procureure.

Ils risquent jusqu’à 7 ans de prison ferme et de fortes amendes, selon Maiza Sérémé qui a dénoncé des “pressions pour leur libération”, avant d’indiquer que cette affaire fait suite à une révélation d’un journal d’investigation Courrier Confidentiel sur “des surfacturations de plusieurs milliards de francs CFA à Cimfaso”.

Lundi matin, des centaines de commerçants et des employés des sociétés du M. Kanazoé se sont rassemblés devant le tribunal de grande instance de Ouagadougou pour exiger sa libération.

“L’enquête n’est pas terminée et s’il y a lieu que d’autres personnes soient inculpées, elles le seront”, a-t-elle prévenu. “Les dossiers de crimes économiques et de sang ne dorment pas dans nos tiroirs”.

Élu à la tête du pays en novembre 2015, le président Roch Marc Christian Kaboré avait annoncé vouloir mettre en place “une justice indépendante, impartiale et équitable”, tranchant ainsi avec le régime déchu du président Blaise Compaoré, où la justice était très critiquée quant à son indépendance.

avec l’AFP

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