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COOPÉRATION SUD-SUD: l’axe culturel Cotonou-Brazzaville se renforce

COOPÉRATION SUD-SUD: l’axe culturel Cotonou-Brazzaville se renforce

Le Bénin et le Congo entendent développer un partenariat fructueux en matière de promotion de la Culture. L’initiative était au cœur d’une séance de travail que le ministre du Tourisme et de la Culture, Ange N’KOUE a eu, avec une délégation de trois ministres congolais.

Par Safiou Tiega

Les autorités du Bénin et du Congo ont décidé d’investir le champ de la coopération sud-sud dans le domaine de la Culture. A la manœuvre, le ministre béninois du Tourisme et de la Culture et trois ministres congolais, Henri DJOMBO, ministre d’Etat en charge de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Léonidas Carel MOTTOM MAMONI, ministre de la Culture et des arts, et Digne Elvis TSALISSAN OKOMBI, ministre délégué auprès du premier ministre, chargé des relations avec le parlement ! Lors d’une séance d’échanges vendredi à Cotonou, ils ont exploré le potentiel culturel des deux pays, les visions et les réformes qui ont débouché sur l’idée d’un partenariat culturel entre Cotonou et Brazzaville.

Le ministre béninois en charge de la Culture a surtout partagé avec ses hôtes congolais, les grands axes du Programme d’actions du gouvernement dans le sous-secteur de la Culture ainsi que les réformes entreprises pour dynamiser la création artistique et culturelle au Bénin. Ces réformes concernent notamment la mise en place du Fonds de bonification, projet phare de son ministère, qui vise à accroitre les investissements privés dans le secteur de la culture. Il s’agit, in fine, de renforcer les capacités managériales des acteurs du secteur de la culture, de faciliter l’accès au crédit auprès des institutions financières, de susciter des projets innovants au niveau des promoteurs culturels privés, et d’assurer le suivi-évaluation des promoteurs. « Nos artistes sont malheureux. Ils travaillent toute leur vie et meurent sans jouir des fruits de leur labeur. Nous devons y remédier en revoyant le statut de l’artiste », soutient Ange N’KOUE.

Le Bénin déploie également un projet de promotion des talents à travers un mécanisme devant aider à détecter dans les 77 communes du pays des jeunes talents pour leur offrir des chances de formation. Ange N’KOUE explique que l’initiative découle de l’important foisonnement artistique et culturel actuel du pays illustré par le nombre important d’œuvres artistiques et littéraires et de festivals organisés chaque année.

Le Fonds des Arts et de la Culture est un instrument qui a particulièrement surpris la délégation de ministres du Congo où le financement public de la Culture n’est pas encore une réalité. Loin de tout appui spontané, c’est bien au contraire les artistes congolais qui ont formulé une requête pour que l’état puisse les appuyer auprès des institutions financières pour des prêts. C’est dire à quel point le projet de bonification élaboré par le bénin a été fortement envié par la délégation de ministre congolais. « Personne ne construira l’Afrique à la place des africains. La culture est un secteur qui devrait bénéficier d’un financement plus grand parce que porteur d’emplois », affirme Henri DJOMBO. Le Congo entend aussi s’appuyer sur l’expérience béninoise en matière de protection des droits de propriété intellectuelle, à travers notamment le Bureau béninois des droits d’auteurs (Bubedra). A ce titre, le ministre congolais de la Culture et des Arts est annoncé au Forum sur les droits d’auteurs qui se tiendra le 19 avril prochain à Cotonou.

La question de la création du Fonds panafricain de promotion de l’industrie du cinéma et des programmes de télévisions en Afrique n’a pas été occultée. Léonidas Carel MOTTOM MAMONI a manifesté son attachement à ce projet et a promis rendre compte au Président de la République du Congo pour un soutien officiel de son pays. « Ce n’est pas le fruit du hasard si nous nous accordons sur les défis du monde culturel. C’est juste la preuve que nous sommes sur le bon chemin et que nous devons persévérer pour offrir de meilleures conditions d’existence aux acteurs culturels qui se distinguent de par la qualité de leur travail », conclut le ministre Ange N’KOUE.

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