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Gestion des eaux usées : le Bénin en retard

Gestion des eaux usées : le Bénin en retard

22 mars 2017. A l’instar de la communauté internationale, le Bénin à célébré la 25 édition de la Journée Mondiale de l’Eau (JME). Mais au-delà de toutes manifestations officielles, les acteurs reconnaissent que d’importants efforts restent faire pour une bonne gestion des eaux usées dans le pays.

 « Pourquoi gaspiller de l’eau ? » c’est en ces termes que l’Organisation des nations unies formule sur son site web la problématique de thème de cette 25éme édition de la JME. Surtout dans un contexte international où les scientifiques essaient tant bien que mal de faire comprendre à tous le  caractère limité de la ressource bleue et tandis qu’une bonne partie de la population mondiale n’ a toujours pas accès à une source d’eau potable.

Toujours selon l’ONU, 80% des eaux usées provenant des lieux d’habitation, des villes, de l’industrie et de l’agriculture sont rejetées dans la nature, polluant l’environnement et appauvrissant les sols. Et au moins 1,8 milliard de personnes dans le monde utilisent une source d’eau potable contaminée par des matières fécales. En effet, l’exploitation des eaux usées serait « une véritable  opportunité en raison de l’abondance de cette ressource ».

Dans son message à la Nation, le ministre béninois en charge de l’énergie et de l’eau a tenu à clarifier : « les eaux d’origine urbaine constituées par les eaux ménagères (lavage corporel et du linge, lavage des locaux, eaux de cuisine), les eaux chargées de déjections humaines et d’urine et la grande masse qui sont les eaux d’origine industrielle et agricole ».  Mais dans le cadre de la JME, le Bénin s’est focalisé sur le sous-thème de « la gestion des eaux usées domestiques ».

Selon Salifou Cissé, Assitant technique de la mission PUGEMU à la SONEB,  les eaux usées domestiques proviennent des différents usages domestiques de l’eau et sont essentiellement porteuses de pollutions organiques. On y retrouve les eaux chargées de détergents, de graisses, de solvants et de débris organiques ; on y retrouve également des rejets des WC (eaux noires ou eaux vannes) chargés de matières organiques azotées et de germes fécaux.

Mais la gestion des eaux usées pose toujours problème au Bénin. Car la majeure partie (plus de 65%) des eaux usées domestiques se retrouvent dans la nature, sans oublier que bon nombre de populations béninoise pratiquent encore la défécation à l’air libre. Selon la note de synthèse  sur l’activité  de l’assainissement  des eaux usées à la SONEB, « le système d’assainissement utilisé est individuel ou autonome, et ne permet pas, avant la préservation de l’environnement, de mettre la population à l’abri des contaminations induites par le contact avec les eaux usées, ce qui conduit à une situation sanitaire et environnementale très préoccupante » Selon le rapport de la SONEB, la défaillance du système se trouve à plusieurs niveaux :

sur le terrain – défaut de toilettes utilisables pour certains ménages, défécation à l’air libre ;  défaut d’étanchéité des fosses septiques et des fosses simples étanches, dû une mauvaise qualité de construction; rejet direct des effluents hospitaliers dans la nature sans traitement; insuffisance de la capacité de l’unique station de traitement des boues de vidange en service (SIBEAU à Ekpè) par rapport aux quantités de boues reçues, etc. ;

sur le plan institutionnels – Insuffisance d’outils de planification et d’aide à la décision que constituent les plans directeurs d’assainissement des eaux ussées; chevauchement d’attribution entre la SONEB et les communes en matière de prise en charge de l’assainissement urbain, constituant souvent un frein ;  Cadre règlementaire peu développé et non application des textes existants, peu connus ; Absence ou faible intégration de l’assainissement des eaux usées dans la politique de l’hydraulique urbaine et de l’urbanisation; la faible demande en services d’assainissement, des eaux usées notamment;  les moyens et les ressources financières nationales très limitées, etc.

Toutes chose qui fait dire à Alain Tossounon, membre du Cadre des Acteurs non Etatique de l’Eau et de l’Assainissement que le Bénin est en retard.

Les engagements du gouvernement 

Selon le ministre en charge de l’eau, « l’importance de l’eau dans l’économie humaine ne cesse de croître et l’approvisionnement en eau douce devient ainsi de plus en plus difficile, tant en raison de l’accroissement de la population et de son niveau de vie que du développement accéléré des techniques industrielles » Et de rappeler que « la cible 6.3 des Objectifs du Développement Durable prescrit, d’«améliorer la qualité de l’eau en réduisant la pollution, en éliminant l’immersion des déchets et en réduisant au minimum les émissions de produits chimiques et de matières dangereuses, en diminuant de moitié la proportion d’eaux usées non traitées et en augmentant considérablement à l’échelle mondiale le recyclage et  la réutilisation sans danger de l’eau d’ici 2030 ».  « L’eau doit être gérée avec soin à chaque étape de son cycle : prélèvement, prétraitement, distribution, consommation, collecte et post-traitement, utilisation des eaux usées traitées et retour dans l’environnement où  un nouveau cycle peut recommencer », indique-t-il.

C’est dans ce cadre, a-t-il rappelé que le gouvernement envisage certaines actions d’envergure dans son plan d’action (2016-2012), dont : le projet d’accès à l’eau potable en milieu rural et d’assainissement en milieu urbain (ou « PEPRAU ») ; le projet d’assainissement des eaux usées des zones urbaines et péri-urbaines des Communes du Grand Nokoué (Cotonou, Abomey-Calavi, Ouidah, sèmè-kpodji et Porto-Novo) par la construction de station de traitement de boues de vidange à Sèmè-Podji d’une capacité d’environ 500 m3/jour et de renforcement des  capacités des acteurs impliqués dans la fourniture de ces services publics ;  le projet de  reconstruction de la station d’épuration de la cité Vie Nouvelle d’une capacité de 114 500 m3/jour et des réseaux d’eau usées ; le projet de construction d’une station de traitement des boues de vidange à Abomey-calavi dont l’étude est entièrement achevé. Tous ces projets pourront s’approprier les quelques acquis existants dans le secteur de l’assainissement des eaux usées (textes législatifs et réglementaires relatifs au sous-secteur de l’assainissement des eaux usées en vigueur au Bénin ; divers documents de référence; différentes expériences en cours, etc.).

Le Grand Angle

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