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Mode : Séverine Aillery, la passion du Wax à fleur de peau

Mode : Séverine Aillery, la passion du Wax à fleur de peau

Elle revendique sa double culture occidentale et africaine. Promotrice de Wax-Paris, Séverine Aillery est une inconditionnelle du pagne africain. Elle vient de remporter le prix spécial du jury de la 8è édition du forum de la diversité en Bourgogne Franche Comté.Rencontre avec une jeune femme passionnée d’entrepreneuriat et de métissage.

Afrikatv: Qui se cache derrière Séverine Aillery?

Je suis la promotrice de Wax Paris, du made in France métissé. Je fais de la création de bijoux et d’accessoires avec du Wax, dans un esprit métissé en utilisant parfois des objets comme le béret ou des chapeaux de fabrication artisanale.Mais j’ajoute des touches de Wax dans un esprit de mise en valeur en fait à la fois des deux cultures.

Comment s’est fait le contact avec l’Afrique?

Déjà, j’ai toujours habité en région parisienne. Donc, j’ai toujours été entourée de femmes qui portaient ces tissus.J’aimais beaucoup les graphisme, les couleurs. Je suis une passionnée de couleurs en règle générale. Je crois en l’importance de la couleur pour être de bonne humeur et avoir la joie de vivre dans sa vie.J’ai toujours eu cet aspect qui m’a attiré. Il y a maintenant dix ans, je suis mariée avec une personne d’origine togolaise.Donc on a souvent été là-bas. Une fois arrivée sur place, j’ai découvert le tissu; les Nana-Benz, toute l’histoire sur les marchés, des femmes qui vous racontent toute la symbolique par rapport à la fidélité, l’infidélité, ‘’mon mari capable’’, les hirondelles qui annoncent de bonnes nouvelles etc… beaucoup de choses qui m’ont inspiré et qui m’ont donné envie de faire des accessoires et des bijoux, qui peuvent être portés facilement sur une tenue occidentale, et qui donnent une touche de couleurs qui brouillent les pistes sur la symbolique, mais qui ont toute une histoire à raconter quand on s’y intéresse un petit peu.

Sur le plan identitaire, peut-on classer le WAX comme tissu africain?

Je me suis intéressée à ce point. Finalement pour la petite histoire, le Wax a été crée en Indonésie et a voyagé via les Hollandais et malheureusement la colonisation.En discutant avec les femmes africaines sur le marché, on se rend compte qu’elles se sont appropriées les motifs et l’histoire du tissu, elles ont effacé le côté fabrication hollandaise .Il faut se dire aussi que l’Afrique se réveille.Il y a des tissus fabriqués sur place. Et je me suis intéressée à acheter de la production africaine.

Est-ce un marché porteur, un business rentable ou le faites-vous dans une perspective associative?

J’ai deux casquettes; la création, le design en Wax, c’est vraiment un business dans le sens où j’ai envie de travailler avec des restaurants qui veulent faire des décorations en Wax. J’ai envie de travailler sur les décorations de mariages mixtes ou des gens qui ont envie d’avoir une touche africaine dans leur mariage.Je travaille sur la décoration intérieure ou des espaces qu’on a envie de transformer et colorer. Mais l’idée aussi derrière, c’est d’avoir une association avec qui je travaille à Lomé qui fait une bibliothèque de rue.Et on fait aussi une bibliothèque de rue dans le 93 (île Saint-Denis) où notre atelier est basé.

Quel est votre message à l’endroit de tous ceux qui sont passionnés de métissage?

A cette époque où certaines personnes semblent perdues, il faut prôner haut et fort le métissage et la valeur apportée par deux cultures différentes. Finalement, on prend le nectar de deux cultures pour en faire quelque chose d’encore mieux.

Propos recueillis par Fidèle GOULYZIA

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