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Chronique de Martin Mbita : Macron et les Tontons Africains

Chronique de Martin Mbita : Macron et les Tontons Africains

Martin Mbita est un journaliste originaire du Cameroun et vivant en France. Diplômé en journalisme, il est lauréat du « Prix d’excellence en communication » de l’Union Catholique Internationale de la Presse (UCIP ) 1998. C’est également l’un des pionniers de la chaîne de télévision Ubiznews diffusée en Afrique et en France. Chaque vendredi, pour <<Le Grand Angle>>, il commente depuis Paris (France) un fait marquant de l’actualité internationale. Un bloc-notes subjectif et libre.

 

À 39 ans (il aura 40 ans le 21 décembre 2017), Emmanuel Macron devient le plus jeune président de la 5ème République française

Élu avec 66,10 % face à la candidate de l’extrême droite Marine Le Pen (33,9%), c’est lui qui présidera aux destinées de l’Hexagone pendant les cinq prochaines années. Le candidat du mouvement En Marche aujourd’hui rebaptisé La République En Marche a du pain sur la planche, aussi bien en France que dans le reste du monde. Il est très attendu sur les grandes décisions qu’il prendra dans les jours à venir.

Emmanuel Macron aura également fort à faire avec ses tontons africains notamment ceux de l’Afrique Centrale. Et c’est ici qu’il est le plus attendu sur le continent africain. Si beaucoup pensent que rien ne va changer quant à la politique de la France en Afrique francophone, les << Macronistes>> sont convaincus que leur champion va mettre en place les mécanismes de la rupture avec la Françafrique. Du déjà entendu ! Nicolas Sarkozy et même François Hollande l’avaient annoncé. La suite on la connaît… La Françafrique n’est toujours pas morte.

Toujours est-il que le jeune président de la France aura comme interlocuteurs, des tontons satrapes de l’Afrique Centrale, qui ont érigé leurs pays en Monarchies.

LE PETIT EMMANUEL ON LE CONNAÎT ?

<< Tous les candidats (à l’élection présidentielle française NDLR) on les connaît >> disait feu Omar Bongo président du Gabon de 1967 à 2009. Et << le petit Nicolas>>, devenu Président de la France en 2007, il le connaissait très bien. Et le président Sarkozy, censé incarner la rupture avec la Françafrique a plié l’échine pour se prosterner devant le  » Patriarche  » Omar Bongo Ondimba.

Et  » le petit Macron  » les tontons le connaissent-ils ?

Quelles seront ses décisions face à ceux qui foulent aux pieds les règles démocratiques et dont la longévité au pouvoir est devenue un sport roi? Que va-t-il dire à <<tonton Paul Biya>> du Cameroun, 84 ans, au pouvoir depuis 1982 et dont les adversaires politiques l’accusent de tripatouiller la constitution et de bourrer les urnes pour se maintenir au pouvoir ; Quelle discussion aura-t-il avec tonton Denis Sassou N’guessou du Congo, 73 ans ; d’abord président de 1979 à 1992 puis de 1997 à nos jours, que l’opposition accuse de lui avoir volé la victoire, notamment à l’élection présidentielle de mars 2016 ? Quelle attitude adoptera t-il face à Idriss Déby Itno, qui règne sans partage sur le Tchad depuis 1990 et dont la Communauté Internationale accuse de faire disparaître ses adversaires politiques ?

Et puis il y a le cas du Gabon avec notamment le Président Ali Bongo Ondimba, le benjamin des caciques. Âgé de 58 ans il n’est pas un inconnu du bataillon. Il a succédé à son père Omar Bongo Ondimba qui a régné sur le Gabon pendant 42 ans. Au pouvoir depuis 2009 à la suite d’une élection contestée, il a été réélu en 2016. Une victoire une fois de plus contestée par son adversaire et beau frère Jean Ping, qui estime avoir remporté ce scrutin entaché de beaucoup d’irrégularités selon l’Union Européenne.

Le <<Petit Macron>>, les <<Tontons>> ne l’ont pas vu venir. Ils n’ont pas eu le temps d’envoyer des mallettes pour financer sa campagne. Mais ils vont devoir faire avec lui pour les 5 ans à venir.

Et les Africains notamment ceux d’Afrique Centrale dont les pays sont constamment englués dans de sempiternelles problèmes de tripatouillages de constitutions, de bourrages des urnes ou de confiscation des victoires électorales, attendent le maçon Macron au pied du mur.

Aura-t-il les coudées franches pour trancher en faveur du choix des populations ? Qui vivra verra.

 

MARTIN MBITA

 

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