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Bénin/ Innovation : MBoni, la startup qui résout le problème d’adressage des villes africaines

Bénin/ Innovation : MBoni, la startup qui résout le problème d’adressage des villes africaines

Entreprendre, c’est aussi vouloir changer le monde, changer l’Afrique, créer de la valeur, dans l’autonomie et la prise de risque calculée. Tel est le leitmotiv de KhulaTech; une entreprise sise à Cotonou au Bénin et qui fait bénéficier à ses clients son expérience en création et développement de start-up. Le Grand Angle s’est entretenu avec Joane SETANGNI, CEO de MBoni, CTO et co-fondateur de KhulaTech.

 

 

Le Grand Angle: Bonjour pouvez-vous nous présenter vous et votre projet ?

 

 

JS: Je suis Joane SETANGNI j’ai 26 ans, je suis CEO de MBoni, Co-fondateur et CTO de KhulaTech. J’adore résoudre les challenges, réaliser ce qui est dit “impossible”.J’ai une forte passion pour l’entreprenariat, tout ce qui est développement de solution informatique et/ou électronique. Je pense que j’ai développé cette passion pour l’entreprenariat depuis l’âge de  12 ans car à cette époque je lisais déjà des livres sur l’entreprenariat avec mon père et il m’amenait à parler anglais (ce qui m’a beaucoup aidé). En 2005 au lycée technique j’ai découvert la programmation à un cours d’informatique. J’y ai immédiatement trouvé une passion. Après ce cours, durant les 3 années de lycée j’ai passé le plus clair de mes temps libres et mes vacances au cybercafé (lieu dans lequel on propose aux personnes d’accéder à Internet) à m’auto-former.

J’ai très tôt commencé à developper des applications. Dès ma première année d’université avec 2 amis (Boris PADONOU et Prudence Ogatcha), nous avons créé plusieurs entreprises dont Guna un moteur de recherche. Nous étions arrivé à indexer énormément de contenus et étions même devenus « les stars tech » de l’université. En 2014 j’ai  créé Skrach une application qui permet de recharger ses unités GSM en scannant les cartes de recharges avec son Smartphone. En 2016, après plusieurs années en tant que consultant en développement d’application, j’ai co-fondé  KhulaTech un accélérateur de startup avec Boris et un autre partenaire, afin  de mettre nos différentes expériences au profit d’autres jeunes entrepreneurs comme nous qui ont décidé de résoudre les problèmes des populations africaines.

Cela fait environ un an que khulaTech existe et nous avons 5 startups dont KAME qui résout le problème de l’accès à l’éducation en Afrique et MBoni qui résout le problème d’adressage des villes africaines. Avec plus de 7.000  téléchargements en à peine 5 mois KAME s’est vue décerné un prix par Facebook.


MBoni quand à lui avec son système innovant qui permet d’indiquer n’importe quel lieux avec un code à 6 caractères est déjà utilisé par plusieurs entreprises dont Moov Bénin et Canal+ pour indiquer leurs différentes agences.

GA : Comment est né le projet ?

 

JS: KhulaTech est née de 3 entrepreneurs qui croient en l’Afrique et en son potentiel. Nous avons créé KhulaTech afin de partager nos différentes expériences avec ces jeunes africains qui comme nous ont décidé de résoudre les challenges des populations africaines.

 

GA: Vous organisez des levées de fonds aussi.

Parlez-nous-en.

 

JS: Nous faisons grandir les startups, d’où le nom « Khula » qui veux dire « Grandir » en Xhosa (une langue d’Afrique du Sud). Après 4 tours de table quand nous décidons d’accélérer une startup elle peut bénéficier d’un investissement en early-stage en tant que fond d’amorçage jusqu’à hauteur de 10.000.000 FCFA. Après quoi nous organisons des levées de fonds pour les startups qui en sont à une étape où elles ont besoin de plus de fonds pour par exemple se déployer dans d’autres pays.

 

 

GA: KhulaTech génère de la création de valeur économique et sociale, en développant ses entreprises et en accompagnant ses entrepreneurs, sans volonté ni contrainte de sortie. Sur quels piliers basez-vous pour rendre opérationnel cette initiative?

 

JS: A KhulaTech nous sommes conduits par une seule et même vision, celle de développer l’Afrique. Nous n’investissons pas que financièrement dans les startups, nous investissons aussi et surtout dans l’Homme car le développement de l’Afrique passe par celui de ces hommes et femmes qui forment cette Afrique. Nous accompagnons en tant que coach en développement personnel ces entrepreneurs afin de développer leurs atouts et de lever les freins qui empêchent la concrétisation de leurs ambitions

 

 

GA: Quels sont les projets sur lesquels vous avez eu à travailler en un an d’existence ?

 

JS: En 1 an nous avons 5 startups que nous accompagnons :

  • GPay : une startup de paiement en ligne unifié,
  • Afri-Lance : une startup de freelance en journalisme,
  • une autre dans le partage et la lecture de romans Africains en ligne,
  • KAME : la startup qui résout le problème de l’accès à l’éducation en Afrique
  • Et MBoni, notre startup qui résout le problème d’adressage des villes africaines.

 

GA: Lequel est le plus important ? Et pourquoi?

 

JS: Il n’y a pas vraiment de startup plus importante car chacune d’elle résout un problème précis de l’Afrique. Nous sommes plutôt en plein lancement de la startup MBoni qui suscite déjà beaucoup d’engouement. Le problème dans plusieurs villes d’Afrique est que pour indiquer un emplacement nous sommes souvent amenés à donner une indication verbale longue et bien souvent notre interlocuteur s’y perd et fini par nous rappeler pour de nouvelles précisions. De plus dans certaines zones si vous suivez le GPS vous risquez de vous retrouver très facilement dans un marrais qui ne figure pas sur la carte. Ce problème mine aussi tout écosystème d’E-commerce/E-services africain. Raison pour laquelle nous avons développé MBoni qui vous demande de faire un enregistrement vocal de l’indication d’un lieu, d’en prendre une photo et vous génère un code à 6 caractères (le code MBoni) permettant d’indiquer facilement et en une seule fois ce lieu à vos proches et à tout service de livraison, de booking de taxi etc…MBoni offre aussi une API que les entreprises intègrent dans leurs applications pour permettre à leurs clients de facilement indiquer leurs emplacements.

 

GA: Où en êtes-vous concrètement dans la finition du produit ?

 

JS: MBoni est déjà fonctionnel et disponible sur le PlayStore (pour l’application Android). Il est même déjà utilisé par plusieurs entreprises dont une de livraison de repas, par Moov Bénin et Canal+ pour indiquer l’emplacement de leurs agences.

 

GA: Quelle est la vision à long terme?

 

JS: MBoni avant cette version est passée par plusieurs itérations, plusieurs rencontres avec les utilisateurs afin de déterminer la meilleure manière de résoudre ce problème d’adressage. Dernièrement nous avons ajouté une section « Découverte » permettant de trouver les entreprises, les restaurants, les hôpitaux et autres lieux autour de soi. Plein d’autres améliorations sont à venir pour toujours mieux servir les utilisateurs.

 

GA: Comment les utilisateurs ont accueilli Mboni ?

 

JS: Tous ceux à qui nous parlons de MBoni sont immédiatement séduit. Beaucoup l’utilisent déjà pour se faire livrer différents bien et repas.

 

GA: Pourriez-vous donner à nos lecteurs, un scénario complet du fonctionnement actuel de Mboni ?

 

JS: Un exemple simple d’utilisation de MBoni: vous avez un ami qui vient d’arriver dans votre ville et vous voulez l’inviter à vous rejoindre. Il vous suffit de lui envoyer le code MBoni du lieu de rencontre. Etant donné qu’il ne maitrise pas la ville, il prendra un taxi ou un taxi-moto (s’il s’agit du Bénin). Il fait écouter l’audio au taxi qui l’amène directement dans la zone indiquée, une fois dans la zone, l’ami n’aura qu’à regarder la photo de devanture du lieu pour immédiatement pointer l’emplacement en question. Dans les zones ou le GPS marche bien, MBoni intègre un système de direction qui pourra aussi l’amener directement au lieu indiqué.

 

GA: Vous êtes une équipe de 15 jeunes …comment le travail se fait-il ? l’ambiance ?

 

JS: Nous travaillons dans une bonne ambiance, collaborative. Nous sommes une famille et on aime s’appeler entre nous : « les Khulos ».

Le travail est aussi bien important que la bonne santé de nos collaborateurs. C’est pourquoi à KhulaTech nous avons une salle de jeux et des salles de repos, une cuisine etc.. afin que les conditions soient réunies pour un épanouissement de tous.

Dernièrement la startup HopeBot qui veut révolutionner le secteur de la santé avec l’imprimante 3D, nous a rejoint et a remporté le 3eme prix dans la catégorie Santé  au « Benin Hackathon » organisé par le Warsip, le ministère de la santé et le ministère de l’économie numérique du Benin.

 

GA: Comptez-vous vous déployer dans d’autres pays africains?

 

JS: Oui nous nous déploierons très prochainement dans d’autres pays de la sous-région car des partenariats y sont déjà en bonnes voies pour MBoni

 

GA: Votre conclusion….

 

JS: L’Afrique a besoin de nous tous et notre devoir est de l’accompagner, d’accompagner ses hommes et femmes qui se battent chaque jour pour la développer, faire la promotion de leurs produits. Alors soyons des ambassadeurs des innovations africaines.

 

 

Propos recueillis par Vignon Houngue

Contributeur (le Grand Angle)

Genève (Suisse)

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