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La Chronique de Martin Mbita: Un (e) africain (e) ne devrait pas faire ça !

La Chronique de Martin Mbita: Un (e) africain (e) ne devrait pas faire ça !

Martin Mbita est un journaliste originaire du Cameroun et vivant en France. Diplômé en journalisme, il est lauréat du «Prix d’excellence en communication» de l’Union Catholique Internationale de la Presse (UCIP ) 1998. C’est également l’un des pionniers de la chaîne de télévision Ubiznews diffusée en Afrique et en France. Chaque vendredi, pour <<Le Grand Angle>>, il commente depuis Paris (France) un fait marquant de l’actualité internationale. Un bloc-notes subjectif et libre.

Un fils du continent, soldat, haut gradé de l’armée ghanéenne, qui se fait lyncher par une population qui l’a pris pour un braqueur, juste parce qu’il faisait du footing avec son arme, les images atroces qui ont fait le tour du monde via les réseaux sociaux ont indigné plus d’une personne.

D’aucuns diront qu’il n’avait pas à aller faire le footing avec son arme. Mais bon sang! Les bandits de grand chemin ont-il le temps de faire du footing ? Encore plus avec leurs armes, sachant qu’ils sont souvent recherché par la police ? Le soldat a-t-il agressé quelqu’un ? D’où vient-il que le fait de porter une arme vous rende suspect ?

Un brigand aurait utilisé cette arme pour se défendre. Mais le Capitaine Maxwell Mahama, en bon professionnel a choisi de ne pas l’utiliser contre ses frères et sœurs. Il a même essayé de raisonner cette population en furie sans succès. La suite est digne d’un film d’horreur. Des jeunes, des mères de famille, qui se défoulent sur celui qu’ils considèrent toujours comme un braqueur sans même prendre la peine de l’écouter. Pathétique ! Où va l’Afrique ? Ce Continent qui a connu l’esclavage, la colonisation, le néo-colonialisme, est désormais en train de devenir champion du monde de la barbarie. De Johannesburg à Douala en passant par Abidjan, Kinshasa, Libreville, Brazzaville… c’est le même sort qui est réservé aux innocents, présumés coupables, voleurs, braqueurs et auteurs de larcins divers.

 

Mais où est passée la Justice dans les pays africains, si des individus arrivent de plus en plus à se faire justice?

Il faut reconnaître que les États africains ont une part de responsabilité dans ces assassinats odieux.

Responsabilité parce que le plus souvent, les malfrats, dénoncés et arrêtés par les forces de l’ordre, se retrouvent souvent en liberté, après quelques heures passées au poste de police. Une police qu’ils connaissent très bien et qui moyennant quelques billets de banque, arrivent à payer leur liberté.

Et quand ils rentrent dans les quartiers, ils se vengent sur ceux qui les ont dénoncé. C’est pourquoi la lutte contre la corruption de la justice et de ceux qui incarnent l’ordre et la sécurité dans les États africains, est combat à mener avec fermeté. Et c’est ici l’occasion d’appeler au renforcement du pouvoir des institutions des États africains pour éradiquer ces fléaux (corruption, népotisme, tribalisme…) qui sont malheureusement responsables des violences.

Que penser de cette mère de famille qui a donné l’alerte, juste parce qu’elle a vu quelqu’un courir avec une arme ? Et cet individu qu’on voit ramasser une grosse pierre pour achever le jeune capitaine ? Quelle horreur ! Non l’Afrique n’a plus besoin de ça ! De cette barbarie qui ternie son image. Elle a besoin des institutions fortes, qui permettent à la justice d’être juste et de faire son boulot. L’Afrique a besoin d’une police qui ne soit pas corrompue. L’Afrique a besoin de tous ses enfants qui regardent tous ensemble dans la même direction, celle de son avenir et son développement et non celle de la Barbarie. Que ceux qui ont participé au lynchage qui capitaine Maxwell Mahama soient punis conformément à la législation ghanéenne. Paix à ton âme soldat.

  

Martin Mbita

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