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VIH : des vaccins préventifs bientôt testés chez l’homme

VIH : des vaccins préventifs bientôt testés chez l’homme

Dans le monde, 4 personnes séropositives sur 10 n’ont plus de virus détectable dans le sang. Un succès obtenu grâce aux traitements antirétroviraux. Mais s’ils permettent de contrôler durablement l’infection par le VIH, ils ne permettent pas de s’en débarrasser. Ni même de la prévenir – à l’exception de quelques molécules indiquées dans la prophylaxie pré-exposition (PrEP) ou post-exposition (PPE).

Mais à l’heure actuelle, aucun vaccin – thérapeutique ou préventif – ne permet de prendre le relais de ces médicaments. Pourtant, la recherche fourmille, comme l’a montré une session dédiée à la vaccination au congrès de l’International AIDS Society, qui se tient au Palais des congrès de Paris du 23 au 26 juin.

Glenda Gray, PDG du South African Medical Research Council, a ouvert la conférence. A ses yeux, trouver un vaccin préventif contre le VIH constitue « un impératif de santé publique ». Et pour cause : ces nouvelles approches pourraient bien marquer une étape clé dans la lutte contre l’épidémie de VIH.
Trois approches à l’essai
« L’impact de l’objectif 90-90-90 (promu par l’Onusida) est hypothétique pour le moment », a souligné Glenda Gray. Le but final est pourtant ambitieux : mettre fin à l’épidémie de VIH dans le monde. Selon un modèle mathématique récemment publié, l’ajout d’un vaccin à la stratégie internationale pourrait bien changer la donne.

Les recherches s’orientent autour de trois grandes stratégies. La première consiste à cibler un sous-type du virus très répandu en Afrique australe : le sous-type C. Pour cela, les coordinateurs de l’essai clinique HVTN 702 s’appuient sur un échec précédent en Thaïlande.

Le candidat-vaccin a été adapté afin de correspondre aux exigences du continent africain. Il consiste en deux produits expérimentaux. L’un s’appuie sur un vecteur, l’autre sur des protéines. Cette stratégie, baptisée prime boost, est censée démultiplier la réponse immunitaire face au virus. Le tout en l’absence de virus, ce qui réduit les risques de contamination via la vaccination.
Un vaccin mondial
« L’approche consiste à démarrer la vaccination avec un composant, et d’immuniser par la suite avec un autre composant, explique à Pourquoidocteur Pascal Poignard, professeur de virologie à l’université de Grenoble-Alpes. L’idée, c’est soit d’affiner la réponse immunitaire, soit de l’augmenter dans sa quantité. On joue à la fois sur la quantité et la qualité. »

Mais le sous-type C du VIH n’est pas dominant dans le monde. C’est d’ailleurs le principal problème que pose le virus : il mute très souvent. Partout sur la carte, les souches varient fortement. Certaines équipes s’attellent donc à mettre au point un vaccin mondial, qui cible les différentes souches en circulation, là aussi selon la méthode prime boost. Avec plus ou moins d’efficacité.

Aux Etats-Unis, au Rwanda ou encore en Thaïlande, l’essai APPROACH devra prouver l’intérêt d’un nouveau vaccin combinant deux injections qui activent le système immunitaire, et deux autres le boostant. Les premiers résultats des études sur l’animal sont plutôt bons, puisque cette stratégie a permis d’obtenir une très bonne protection. Chez l’homme aussi, le candidat a provoqué une réponse immunitaire satisfaisante, sans effets secondaires majeurs. De quoi obtenir le feu vert pour une étude évaluant sa sûreté et son efficacité chez l’homme. Elle démarrera en septembre ou octobre prochain.

 

Créer des anticorps
La troisième stratégie vise elle aussi une protection large contre le VIH. Pour y parvenir, elle s’appuie sur des anticorps neutralisants, qui agissent sur les lymphocytes CD4 – ceux-là même qui sont attaqués par le VIH. « On a découvert, il y a quelques années, que certaines personnes infectées par le VIH peuvent produire des anticorps puissants, capables de protéger contre la grande diversité des virus », explique Pascal Poignard.

C’est sur cette spécificité que s’appuie la recherche sur les anticorps. « On essaie de comprendre pourquoi ces anticorps se comportent ainsi, pour pouvoir ensuite les déclencher par la vaccination », résume le Pr Poignard. Un travail de titan qui arrive à son terme. Aux études sur l’animal succèderont bientôt des essais chez l’homme.

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