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Bénin : Quand la pénurie du personnel soignant affecte gravement les populations

Bénin : Quand la pénurie du personnel soignant affecte gravement les populations

Au-delà des problèmes sociaux, le déficit de médecins tire la couverture sanitaire vers le bas, en dépit des réformes entreprises par l’Etat pour un système de santé efficace et performant. Absence de services de qualité, grèves perlées…, le système sanitaire béninois souffre de plusieurs maux.

 

 

L’ effectif du personnel soignant  est-il suffisant pour répondre à la demande de la couverture sanitaire au Bénin ? Le débat reste entier.
Le système de santé du Bénin a une structure pyramidale inspirée du découpage administratif. Il comporte trois différents niveaux : national, départemental et opérationnel organisé suivant l’approche zone sanitaire. Il existe donc 34 hôpitaux de zone qui constituent le premier niveau de référence, 05 Centres hospitaliers départementaux (CHD) qui sont le deuxième niveau de référence. Au niveau national, le Centre national hospitalier et universitaire (CNHU), le Centre national de pneumo-phtisiologie, l’Hôpital de la mère et de l’enfant Lagune (HOMEL) et le Centre national de psychiatrie forment le 3ème niveau de référence. A ces structures publiques, s’ajoutent des dizaines de formations sanitaires privées, confessionnelles et associatives, qui se retrouvent à tous les niveaux de la pyramide sanitaire, surtout concentrées dans les zones urbaines.

 

Le Bénin a adopté et mis en œuvre une réforme du système de santé en zones sanitaires. Mais l’insuffisance et la mauvaise répartition des ressources humaines limitent sérieusement la mise en œuvre de cette réforme. A titre illustratif, pour une population estimée à 230 000 habitants, la zone sanitaire de Kétou-Pobè-Adja Ouèrè ne compte que cinq médecins, y compris le médecin-coordonnateur de zone, soit un médecin pour 46 000 habitants, alors que le ratio national est de 1 médecin pour 11 472 habitants. Plusieurs centres de santé sont encore dirigés par des agents non qualifiés, comme dans le cas où un aide soignant dirige toute une maternité.

 

Le déficit en personnel est encore plus remarquable dans le nord du pays. Habituellement, le personnel soignant affecté dans les formations sanitaires du septentrion n’y reste pas et préfère exercer des activités dans le sud. Cette situation de pénurie de personnel qualifié est aggravée par la décision prise par l’Etat en 1987 de geler le recrutement du personnel de la fonction publique dans le cadre de la recherche de l’équilibre des agrégats macro-économiques. Or, d’ici 2013, 75% du personnel médical disponible ira à la retraite, selon les estimations du ministère béninois de la Santé. Plusieurs défis restent à relever.

 

Un meilleur avenir du système sanitaire béninois devrait reposer sur trois piliers essentiels : le parachèvement de la réforme du système avec la mise en place d’un système efficient d’administration des hôpitaux, le recrutement et le redéploiement du personnel et le règlement définitif des revendications sociales des agents paramédicaux. Seule alternative pour un système de santé perfomant. Vivement que les recommandations de la commission Chobli soient étudiées et mise en oeuvre.

 

Franck Zingbè

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