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Bénin: vague de mécontentement des travailleurs face aux réformes de Patrice Talon

Bénin: vague de mécontentement des travailleurs face aux réformes de Patrice Talon

Les réformes économiques entamées par le président béninois, Patrice Talon en vue d’impulser un réel développement économique et social au Bénin, buttent ces dernières semaines sur un mécontentement généralisé au sein des sept organisations syndicales et de certains partis politiques de l’opposition.

Colère et désolation

“Travailleurs de toutes conditions, jeunes, Béninois de l’intérieur et de la diaspora, la situation est grave, très grave. Le peuple a faim. Peu de Béninois arrivent à s’assurer deux repas par jour”, s’est écrié Emmanuel Kokou Zounon, porte-parole du Front pour le Sursaut patriotique.

“Nous ne sommes pas contre le développement de notre pays. Mais les réformes entamées par le président, Patrice Talon, sont brusques et suicidaires pour le peuple béninois avec ses cortèges de privatisation des entreprises publiques et des licenciements des milliers de salariés”, a-il fustigé.

Les partis politiques s’en mêlent

Tout comme ce regroupement de partis politique de l’opposition au régime du président Patrice Talon, plusieurs organisations syndicales sectorielles, notamment de la santé, de l’éducation et de la justice, ont déjà décrété depuis plusieurs semaines des mouvements de grève d’avertissement, allant de 48 à 72 heures d’arrêt de travail collectif pour protester contre les réformes entamées dans leurs secteurs d’activités.

Ainsi, en grève depuis plus de six semaines déjà, le Collectif des syndicats du secteur de la santé s’insurge contre les réformes entamées par le gouvernement béninois visant la mise en concession du Centre national hospitalier et universitaire de Cotonou (CNHU) et la mise en affermage des hôpitaux de zones du pays.

“Nous ne pouvons pas laisser le gouvernement privatiser les hôpitaux et centres de santé publics du pays. Dans la constitution béninoise du 11 décembre 1990, l’Etat a le devoir de garantir les soins de santé au peuple béninois. Déjà avec la gestion de l’Etat, moins de 51% des Béninois fréquentent les centres et les hôpitaux publics. Mais quand ces structures seront privatisées, quel sera le sort des milliers de Béninois qui vivent actuellement au-dessous du seuil de pauvreté ! “, s’est exclamé, le coordonnateur de l’intersyndicale des ressources humaines en santé (IRHS), Adolphe Houssou.

Le gouvernement tente de calmer le jeu 

Interrogé, le ministre béninois de la santé, Alassane Seibou, rétorque que ces options choisies par le gouvernement sont simplement des modes de gestions des structures sanitaires du pays.

“La mise en concession du CHNU et la mise en affermage des hôpitaux de zones du pays, ne sont pas des options pour privatiser ces structures sanitaires du pays. Mais ce sont des modes de gestions qui permettront à l’Etat de bien contrôler la gestion efficace de ces structures sanitaires”, a-t-il confié à Xinhua, précisant que les emplois des travailleurs de ces structures seront sauvegardés après le démarrage de ces modes de gestions.

Pour la présidence béninoise, ces réformes économiques sont nécessaires pour conduire le pays sur la voie du développement.

“Le bilan de près de 26 années de démocratie et de libéralisme économique révèle que le Bénin, malgré son potentiel, présente de lents progrès vers l’atteinte des résultats de développement durable (économique, social, environnemental et jouissance des libertés individuelles)”, souligne la présidence béninoise.

 

Avec AfrikaTV

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