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Afrique du Sud: Cyril Ramaphosa élu président de l’ANC

Afrique du Sud: Cyril Ramaphosa élu président de l’ANC

Le vice-pré­sident Cyril Ra­ma­phosa suc­cède au très contesté pré­sident sud-afri­cain Jacob Zuma à la tête du Congrès na­tio­nal afri­cain (ANC), au pou­voir dans le pays de­puis 1994. Il pour­rait être dé­si­gné dans deux ans nou­veau pré­sident d’Afrique du Sud.

Le Congrès na­tio­nal afri­cain (ANC), au pou­voir en Afrique du Sud de­puis 1994, a un nou­veau di­ri­geant. Il s’agit de Cyril Ra­ma­phosa qui suc­cède ainsi au pré­sident très contesté Jacob Zuma. Il s’agis­sait d’une élec­tion cru­ciale pour l’ave­nir du parti et du pays.

Epi­logue d’une cam­pagne âpre et ser­rée, cette élec­tion a op­posé le vice-pré­sident Cyril Ra­ma­phosa à la can­di­date sou­te­nue par Jacob Zuma, son an­cienne épouse et ex-pa­tronne de l’Union afri­caine (UA), Nko­sa­zana Dla­mini Zuma. Cyril Ra­ma­phosa a ob­tenu 2.446 voix de dé­lé­gués et son ad­ver­saire 2.261.

 

Cyril Ra­ma­phosa pour­rait de­ve­nir dans deux ans le pré­sident du pays à la fin du man­dat de Jacob Zuma, à la seule condi­tion que l’ANC rem­porte les pro­chaines élec­tions gé­né­rales.

Sou­tenu par l’aile mo­déré du parti, très ap­pré­cié des mar­chés, Cyril Ra­ma­phosa, 65 ans, a vi­ve­ment dé­noncé la cor­rup­tion du clan Zuma. An­cien syn­di­ca­liste re­con­verti en ri­chis­sime homme d’af­faires, il a aussi pro­mis de re­lan­cer l’éco­no­mie du pays. Au sein du parti, ses cri­tiques lui re­prochent de dé­fendre les seuls in­té­rêts des classes les plus ai­sées. Le chef de la ma­jo­rité par­le­men­taire ANC, Jack­son Tembu, avait an­noncé sur Twit­ter avoir voté pour l’ac­tuel vice-pré­sident “pour sau­ver mon ANC et mon pays”.

De son côté, Nko­sa­zana Dla­mini Zuma, 68 ans, avait re­pris le dis­cours de son ex-époux sur la né­ces­saire “trans­for­ma­tion ra­di­cale de l’éco­no­mie” au pro­fit de la ma­jo­rité noire. Un quart de siècle après la chute de l’apar­theid, des mil­lions de Sud-Afri­cains conti­nuent à vivre dans la pau­vreté. Ses ad­ver­saires la soup­çonnent d’être la “ma­rion­nette” de Jacob Zuma et de lui avoir pro­mis l’im­mu­nité dans les nom­breux scan­dales po­li­tico-fi­nan­ciers où il est ac­cusé.

Dé­clin

L’étoile de l’ANC a sé­rieu­se­ment pâli de­puis sa vic­toire aux pre­mières élec­tions libres de l’his­toire de l’Afrique du Sud en 1994 et l’ar­ri­vée au pou­voir de son icône Nel­son Man­dela. Af­fai­bli par la crise éco­no­mique et les ac­cu­sa­tions de cor­rup­tion qui visent Jacob Zuma, le parti a déjà subi un sé­rieux re­vers aux élec­tions lo­cales de 2016 en cé­dant à l’op­po­si­tion le contrôle de villes de pre­mier plan comme Jo­han­nes­burg et Pre­to­ria.

 

“Notre échec à ré­gler les pro­blèmes a com­mencé à peser sur notre mou­ve­ment”, a concédé sa­medi Zuma, ci­tant “la cor­rup­tion, la cri­mi­na­lité et l’em­ploi”. “Les pe­tites que­relles in­ternes (…) doivent s’ar­rê­ter”, a-t-il dé­claré. Zuma laisse tou­te­fois der­rière lui un ANC pro­fon­dé­ment dé­chiré par son règne et la ba­taille pour sa suc­ces­sion.

Nombre d’ana­lystes an­ti­cipent déjà son écla­te­ment, quel que soit le vain­queur de la course à la suc­ces­sion, et lui pré­disent une dé­faite his­to­rique aux élec­tions gé­né­rales de 2019. L’is­sue du scru­tin à l’ANC est éga­le­ment at­ten­due avec im­pa­tience par les mar­chés fi­nan­ciers, qui s’in­quiètent de­puis des mois des “in­cer­ti­tudes po­li­tiques” qui pèsent sur l’éco­no­mie de la pre­mière puis­sance in­dus­trielle du conti­nent afri­cain.

“Les di­vi­sions vont conti­nuer d’agi­ter l’ANC en 2018”, a déjà tran­ché l’ana­lyste George Ni­cholls, du ca­bi­net Control Risks. “Les fac­tions ri­vales vont nour­rir (…) l’in­sta­bi­lité po­li­tique et, pro­ba­ble­ment, contraindre le pré­sident Jacob Zuma à dé­mis­sion­ner avant la fin de l’an­née pro­chaine”.

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