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Soudan : la population à nouveau dans les rues contre la hausse du prix du pain

Soudan : la population à nouveau dans les rues contre la hausse du prix du pain

De nouvelles manifestations contre la hausse du prix du pain ont éclaté vendredi à Khartoum et à Oumdourman, où l’armée a été déployée, au lendemain d’affrontements entre protestataires et policiers ayant fait huit morts à travers le Soudan, selon des témoins.

La décision du gouvernement cette semaine d’augmenter le prix du pain de 1 à 3 livres soudanaises (de 2 à 6 centimes d’euros) a entraîné des manifestations depuis mercredi. Huit manifestants ont été tués jeudi lors des affrontements avec les forces de l’ordre dans le pays.

A Oumdourman, ville jumelle de Khartoum, de nouvelles manifestations se sont produites vendredi après-midi à la sortie des fidèles d’une mosquée fréquentée par des disciples de la secte al-Ansar, liée au principal parti d’opposition al-Oumma, a raconté un témoin sous couvert d’anonymat.

« Le peuple veut la chute du régime » et « Liberté, Liberté », ont scandé les manifestants, a rapporté ce témoin, précisant que la police anti-émeutes avait ensuite tiré des gaz lacrymogènes pour les disperser.

Al-Oumma a appelé ses membres à rejoindre le mouvement de contestation, au lendemain du retour à Khartoum de son dirigeant Sadek al-Mahdi après près un an d’exil.

Des dizaines de personnes ont également manifesté sur la route 60, une artère principale de Khartoum qui relie le centre et le sud de la ville, réclamant le départ du gouvernement, a indiqué un autre témoin. Ils ont été dispersés par la police.

D’autres manifestations ont été signalées dans d’autres villes, dont el-Obeid (ouest).

Le mouvement de contestation a débuté à Al-Gadaref (est), où six protestataires ont été tués, avant de s’étendre à Khartoum. Deux autres personnes ont été tués à Atbara, ont indiqué jeudi des responsables.

Le gouvernement « ne sera pas indulgent » avec ceux qui ont incendié des bâtiments gouvernementaux ou endommagé des biens publics », a prévenu son porte-parole Bachar Joumaa.

 

– Fermeture d’écoles –

 

Selon l’agence de presse officielle Suna, les manifestations étaient au départ « pacifiques » avant de dégénérer.

Le ministère de l’Education a annoncé vendredi la fermeture des écoles à Khartoum et la suspension des cours pour une durée « indéfinie » dès dimanche.

Le calme prévalait pourtant vendredi matin – jour chômé dans ce pays musulman – à Khartoum et d’autres villes, ont rapporté des habitants.

Dans la capitale, des policiers patrouillaient toutefois dans les rues et des soldats ont été déployés près des stations service et des banques dans le nord de la ville.

Des policiers ont été aperçus par des témoins à bord de leur véhicule avec des matraques et des gaz lacrymogène, et les soldats eux étaient équipés de Kalachnikovs.

Des files d’attente se sont formées devant les boulangeries dans le nord de Khartoum, a constaté un journaliste de l’AFP.

Des habitants d’Al-Gadaref et Atbara ont fait état du déploiement des forces de sécurité pour protéger les bâtiments gouvernementaux et les banques.

– Des bâtiments incendiés –

Jeudi, des manifestants avaient incendié le siège du Parti du Congrès national du président Omar el-Béchir à Al-Gadaref et Dongola (nord), selon des témoins.

Le Soudan traverse cette année des difficultés économiques croissantes avec une inflation de près de 70% et une plongée de la livre soudanaise face au dollar américain. 

En janvier, des manifestations contre la hausse du coût des denrées alimentaires avaient été rapidement matées par les autorités qui ont arrêté des leaders de l’opposition et des militants.

 

Le Grand Angle avec Slate Afrique

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