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Relance économique au Bénin : à quand la richesse redistribuée

Relance économique au Bénin : à quand la richesse redistribuée

Au risque de déplaire aux pourfendeurs du « Nouveau départ », la promesse faite au peuple béninois par le Président Patrice TALON,  de  «révéler le Bénin»  au monde, semble encore garder tous les attraits d’une promesse sérieuse.

La justification peut-être trouvée dans l’opinion  internationale qui, à travers les derniers rapports (Rapport sur les estimations du FMI après sa mission au Bénin en octobre 2018)  démontre en décembre 2018 que les indicateurs économiques au Bénin sont au vert. Signe d’une véritable relance économique avec pour ambition «…de frôler à l’horizon 2021 une croissance à deux chiffres si la conjoncture régionale reste bonne et que les conditions d’accès aux crédits se maintienent». Dixit Romuald WADAGNI, Ministre de l’Économie et des Finances.

Entre le lancement du Programme d’Actions du Gouvernement (PAG) et l’organisation des premières élections sous l’ère TALON, deux ans seulement se sont écoulées pour que la croissance, qui avait chuté à 2,1 % en 2015,  et remontée à 4 % en 2016 soit élevée à 6% en 2018 contre 5,4% en 2017. 

Ceci, en raison  des bonnes performances de l’agriculture, notamment de la bonne santé retrouvée de l’or blanc (+5,6 % soit 260 000 à 700 000 tonnes entre 2016 et 2018), du secteur industriel (+6,7 %), tiré par les usines d’égrenage (+18 %) et du secteur du bâtiment et travaux publics (+8,5 %). Le secteur des services a également progressé de 7,5 % grâce au dynamisme des transports, des postes et des télécommunications (+10,6 %), des banques et autres institutions financières (+9,5 %), du commerce et des industries alimentaire et hôtelière (+6,9 %).En pure conséquence logique, L’investissement public a aussi atteint des niveaux records.

En effet, entre 2018 et 2019, près de 895,21 milliards de FCFA ont été engagés dans des projets ciblés « prioritaires » du PAG. Lesquels ont été  prèsque à moitié financé grâce au budget national, l’autre part a été prise en charge par des investisseurs privés (dans le cadre de partenariats public-privé – PPP) et les bailleurs de fonds internationaux.

À en croire ces chiffres, on peut affirmer sans crainte que la rélance économique sous le régime du « Nouveau départ » semble être bénie de dame fortune même si objectivement les perspectives de croissance économique restent vulnérables aux chocs extérieurs (les pluies, les prix mondiaux du coton et du pétrole, et l’évolution de la situation économique du Nigéria).

Toutefois, si croissance économique rime bien avec « Nouveau départ », l’autre indicateur de développement qui mettrait bien en vue son apparat est celui de l’évolution du pouvoir d’achat du citoyen béninois. Ce qui dans l’opinion publique suscite une interrogation pertinente: La croissance telle qu’entamée profite-t’elle vraiment à tous ou juste à des priviligiés? Sans vouloir y apporter une réponse hasardeuse et mal nourrie, il faut néanmoins lever un coin de voile sur un constat. Si le taux de pauvreté était  au delà de 40% en 2015, rien de bien concret ne nous laisse supposer qu’aujourd’hui il ait diminué bien que, l’économie du pays connaisse meilleure croissance et que les perspectives soient bonnes. Au demeurant se fait prégnant le sentiment de l’affaiblissement du pouvoir d’achat du béninois, de la popérisation de la grande masse au profit l’élection d’un groupuscule de nouveaux privilégiés, de l’accroissement du taux de chômage, de la réduction des mesures sociales en contrepartie de la libéralisation à outrance des secteurs clés de l’économie nationales (pour ne citer que ceux là).

Bien que ces faits sus énumérés ne relèvent à tort ou à raison que d’une impression persistante, il serait fort utile de rappeler au chantre de la Rupture que l’essence même du serment prêté au matin du 06 avril 2016, lui fait porter la charge d’une redistribution équitable des richesses ainsi que celle d’éviter comme le dirait l’autre « de prendre des mesures susceptibles de peser sur le pouvoir d’achat de ses administrés» pour que, la postérité retienne son nom à sa gloire comme il l’a également promis.

 

Romaric HOUENOU de DRAVO

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